Mboa Sounds- Chapter 2


Il y a un an, j’écrivais un post sur ma découverte de l’univers Hip-Hop K-mer*. Un an s’est écoulé et les choses ont vraiment changé mais une constante demeure : cet univers grandit, gagne en professionnalisme et en qualité.
I. Professionnalisme : NewBell Music ,
NewBell Music est un label créé par Ndukong Godlove Nfor A.K.A JOVI A.K.A. Le Monstre, artiste pluridimensionnel reconnu sur la scène camerounaise et internationale. Ce label compte pour le moment quatre artistes aux parcours très diversifié : JOVI, RENISS, Rachel APPLEWHITE & SADRAK (plus connu comme membre du groupe « Négrissime », un des groupes fondateurs du mouvement hip-hop au Cameroun ).
NewBell Music est un label qui a compris dès sa création, le pouvoir immense des nouvelles technologies et l’utilise au mieux : nouveaux sons en téléchargement gratuit sur SoundCloud ou payant sur Itunes, comptes Facebook et Twitter très actifs, partenariats avec des plateformes de communication-phare au Cameroun telles que JeWanda.Com, ils ont tout bon !
De plus, le medium « communication » est utilisé dans toute sa valeur : la sortie d’un single ou d’un EP est orchestrée, pensée, et l’attente est créée et cultivée auprès de la « fanbase ». Le label bénéficie aussi du support artistique du génialissime Bertrand NDUKONG A.K.A February 16th dont les vidéos ou les covers sont de vraies œuvres d’art contemporain. Le site web de NewBell Music en est une belle démonstration.

newbellmusic.com

Une capture d’écran du site http://www.newbellmusic.com

Depuis sa création, le label a à son actif deux E.P (Afrikan Luv de Reniss & Kankwe Vol.1 de Jovi), plusieurs singles (Les Gars de Yaoundé de Sadrack produit par Le Monstre) et crée l’évènement aussi souvent que possible.
II. Qualité : MboaUrbanMusic
Telle que la décrit sa fondatrice, Esther Diane Naah, jeune entrepreneuse, dans une interview donnée au blog « Interviews with Jodelle » (belle découverte d’ailleurs), MboaUrban Music se décrit comme « une plateforme en ligne de promotion et de diffusion de la musique urbaine camerounaise dont l’objectif est de permettre aux Camerounais et autres amoureux de la musique camerounaise partout dans le monde, de découvrir, écouter, partager, télécharger et échanger sur l’actualité de la scène urbaine camerounaise. »

Pour moi c’est un pari réussi : Mboa Urban Music a fait de l’année 2013 un cru de grande qualité avec deux mix tapes d’exception : MboaTapeVol1 et MboaTapeVol2. Elles nous ont chacune permis de découvrir des pépites de la planète urbaine camerounaise grâce à deux parmi lesquelles je citerai : TILLA, GASHA, KATE, MAGASCO ou le désormais célèbre Stanley ENOW (Hein Père) pour ne citer que ceux-là. Ici encore, on a optimisé l’utilisation des nouvelles technologies (Soundcloud, Faceboook ou Twitter ) et on a facilité la découverte en proposant un téléchargement gratuit.
Au-delà de ces deux là, de nombreux labels, artistes se professionnalisent et nous offrent de belles alternatives à la musique extérieure. Je citerai X-Maleya , groupe de trois jeunes camerounais qui chantent dans des langues natives du Cameroun que sont le Douala et le Bassa, tout ceci saupoudré de français et d’anglais, les langues officielles. Désormais produits par le label EMPIRE du chanteur de rap d’origine camerounaise Pit Baccardi, les artistes nous offrent au fil de leurs albums de belles collaborations (Manu Dibango, J Martins, Passi), des clips agréables, et une musique dansante facilement exportable à travers le monde.

La liste est longue, et je dois bien m’arrêter quelque part. En ce qui me concerne, les découvertes sont quotidiennes via YouTube ou SoundCloud. Toutefois, un portrait sans tâche est rare. Deux points focaux doivent encore être adressés par nos jeunes talents : scène et rentabilité.
Un concert au Cameroun, non sponsorisé par un grand annonceur (ex : MTN I-Fest, J&B Stay In The Jam) demeure rare. Dans ces concerts :
• L’accès au concert est lié à une promotion organisée en amont par l’annonceur et non à l’achat d’un billet
• Les artistes camerounais sont très souvent les premières parties d’artistes internationaux (souvent de nationalité nigériane, européenne ou américaine)
• Le public se situe entre 2000 et 30 000 personnes, selon les évènements
Le seul apport réel de ces concerts pour nos artistes est la visibilité. Il a de l’intérêt sur le court terme s’il s’associe à la promotion d’un nouvel album mais n’est  pas porteur sur le long terme. Les consommateurs camerounais demeurent en effet peu respectueux ou au fait de leurs artistes locaux, et dans leur grande majorité ne sont ni habitués, ni disposés à payer pour voir des artistes de la scène hip-hop en concert. Je dois toutefois apporter une nuance. La zone anglophone du pays (provinces du Nord-ouest et du Sud-ouest) très proche de la culture nigériane, a une industrie du divertissement en plein développement et consomme beaucoup plus de musique locale.
De manière générale, un concert de 100 places au Centre Culturel Français avec des places à 5000 XAF, ne serait pas un mauvais début pour nos artistes.
C’est ainsi que je fais le lien avec la rentabilité. Produire un album coûte de l’argent. Une loi économique simple suppose que l’un des moyens de faire des bénéfices conséquents est de vendre en grande quantité. Pour ce faire, nous devons au Cameroun apprendre à exporter notre musique hors des frontières nationales.

A cet égard, j’attends beaucoup des labels tels que Newbell Music. Leur son (souvent des productions de « Le Monstre ») a une signature différente et indubitablement camerounaise. Les beats sont différents et font la part belle aux rythmes locaux tout en demeurant très électroniques. Is it not the perfect mix for global music ? J’ose espérer qu’ils sauront utiliser au mieux leur statut avant-gardiste, afin d’exporter le beat à la camerounaise, en entrainant les autres.

Après tout, « In Mboa We Trust » et ce slogan (propriété de Mboa Urban Music)  doit devenir une réalité.

A vous qui me lisez, je vous invite à découvrir la superbe musique urbaine Made In Cameroon.
Découvrez ma playlist Mboa Sounds via SoundCloud pour un aperçu du son « Made in 237 » et partagez vos découvertes et coups de cœur ici. On vous attend.

Ps: “mboa”= terre/pays en langue Douala “K-mer”= Cameroun en argot

XoXo
AKS♥

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